Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 18:15

Voici les deux textes cités ce jour qui illustrent bien les paramètres énoncés : la qualité informative, la fonction impressive et la volonté de refuser les facilités, les ficelles narratives.

 

Texte n° 1 : incipit de Bel Ami de Guy de Maupassant, 1885.

 

Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.
Comme il portait beau par nature et par pose d'ancien sous-officier, il cambra sa taille, frisa sa moustache d'un geste militaire et familier, et jeta sur les dîneurs attardés un regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s'étendent comme des coups d'épervier.
Les femmes avaient levé la tête vers lui, trois petites ouvrières, une maîtresse de musique entre deux âges, mal peignée, négligée, coiffée d'un chapeau toujours poussiéreux et vêtue toujours d'une robe de travers, et deux bourgeoises avec leurs maris, habituées de cette gargote à prix fixe.
Lorsqu'il fut sur le trottoir, il demeura un instant immobile, se demandant ce qu'il allait faire. On était au 28 juin, et il lui restait juste en poche trois francs quarante pour finir le mois. Cela représentait deux dîners sans déjeuners, ou deux déjeuners sans dîners, au choix. Il réfléchit que les repas du matin étant de vingt-deux sous, au lieu de trente que coûtaient ceux du soir, il lui resterait, en se contentant des déjeuners, un franc vingt centimes de boni, ce qui représentait encore deux collations au pain et au saucisson, plus deux bocks sur le boulevard. C'était là sa grande dépense et son grand plaisir des nuits ; et il se mit à descendre la rue Notre-Dame-de-Lorette.
Il marchait ainsi qu'au temps où il portait l'uniforme des hussards, la poitrine bombée, les jambes un peu entrouvertes comme s'il venait de descendre de cheval ; et il avançait brutalement dans la rue pleine de monde, heurtant les épaules, poussant les gens pour ne point se déranger de sa route. Il inclinait légèrement sur l'oreille son chapeau à haute forme assez défraîchi, et battait le pavé de son talon. Il avait l'air de toujours défier quelqu'un, les passants, les maisons, la ville entière, par chic de beau soldat tombé dans le civil.
Quoique habillé d'un complet de soixante francs, il gardait une certaine élégance tapageuse, un peu commune, réelle cependant. Grand, bien fait, blond, d'un blond châtain vaguement roussi, avec une moustache retroussée, qui semblait mousser sur sa lèvre, des yeux bleus, clairs, troués d'une pupille toute petite, des cheveux frisés naturellement, séparés par une raie au milieu du crâne, il ressemblait bien au mauvais sujet des romans populaires.

C'était une de ces soirées d'été où l'air manque dans Paris. La ville, chaude comme une étuve, paraissait suer dans la nuit étouffante. Les égouts soufflaient par leurs bouches de granit leurs haleines empestées, et les cuisines souterraines jetaient à la rue, par leurs fenêtres basses, les miasmes infâmes des eaux de vaisselle et des vieilles sauces.
Les concierges, en manches de chemise, à cheval sur des chaises en paille, fumaient la pipe sous des portes cochères, et les passants allaient d'un pas accablé, le front nu, le chapeau à la main.
Quand Georges Duroy parvint au boulevard, il s'arrêta encore, indécis sur ce qu'il allait faire. Il avait envie maintenant de gagner les Champs-Élysées et l'avenue du bois de Boulogne pour trouver un peu d'air frais sous les arbres ; mais un désir aussi le travaillait, celui d'une rencontre amoureuse.
Comment se présenterait-elle ? Il n'en savait rien, mais il l'attendait depuis trois mois, tous les jours, tous les soirs. Quelquefois cependant, grâce à sa belle mine et à sa tournure galante, il volait, par-ci, par-là, un peu d'amour, mais il espérait toujours plus et mieux.
La poche vide et le sang bouillant, il s'allumait au contact des rôdeuses qui murmurent, à l'angle des rues : " Venez-vous chez moi, joli garçon ? " mais il n'osait les suivre, ne les pouvant payer ; et il attendait aussi autre chose, d'autres baisers, moins vulgaires.
Il aimait cependant les lieux où grouillent les filles publiques, leurs bals, leurs cafés, leurs rues ; il aimait les coudoyer, leur parler, les tutoyer, flairer leurs parfums violents, se sentir près d'elles. C'étaient des femmes enfin, des femmes d'amour. Il ne les méprisait point du mépris inné des hommes de famille.
Il tourna vers la Madeleine et suivit le flot de foule qui coulait accablé par la chaleur. Les grands cafés, pleins de monde, débordaient sur le trottoir, étalant leur public de buveurs sous la lumière éclatante et crue de leur devanture illuminée. Devant eux, sur de petites tables carrées ou rondes, les verres contenaient des liquides rouges, jaunes, verts, bruns, de toutes les nuances ; et dans l'intérieur des carafes on voyait briller les gros cylindres transparents de glace qui refroidissaient la belle eau claire.


Texte n° 2 : incipit de Jacques le Fataliste de Denis Diderot, 1771.

 

C

omment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe ? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.

LE MAÎTRE: C'est un grand mot que cela.

JACQUES: Mon capitaine ajoutait que chaque balle qui partait d'un fusil avait son billet.

LE MAÎTRE: Et il avait raison... Après une courte pause, Jacques s'écria: Que le diable emporte le cabaretier et son cabaret!

LE MAÎTRE: Pourquoi donner au diable son prochain ? Cela n'est pas chrétien.

JACQUES: C'est que, tandis que je m'enivre de son mauvais vin, j'oublie de mener nos chevaux à l'abreuvoir. Mon père s'en aperçoit; il se fâche. Je hoche de la tête; il prend un bâton et m'en frotte un peu durement les épaules. Un régiment passait pour aller au camp devant Fontenoy; de dépit je m'enrôle. Nous arrivons; la bataille se donne.

LE MAÎTRE: Et tu reçois la balle à ton adresse.

JACQUES: Vous l'avez deviné; un coup de feu au genou; et Dieu sait les bonnes et mauvaises aventures amenées par ce coup de feu. Elles se tiennent ni plus ni moins que les chaînons d'une gourmette. Sans ce coup de feu, par exemple, je crois que je n'aurais été amoureux de ma vie, ni boiteux.

LE MAÎTRE: Tu as donc été amoureux ?

JACQUES: Si je l'ai été!

LE MAÎTRE: Et cela par un coup de feu ?

JACQUES: Par un coup de feu.

LE MAÎTRE: Tu ne m'en as jamais dit un mot.

JACQUES: Je le crois bien.

LE MAÎTRE: Et pourquoi cela ?

JACQUES: C'est que cela ne pouvait être dit ni plus tôt ni plus tard.

LE MAÎTRE: Et le moment d'apprendre ces amours est-il venu ?

JACQUES: Qui le sait ?

LE MAÎTRE: A tout hasard, commence toujours...

Jacques commença l'histoire de ses amours. C'était l'après-dîner: il faisait un temps lourd; son maître s'endormit. La nuit les surprit au milieu des champs; les voilà fourvoyés. Voilà le maître dans une colère terrible et tombant à grands coups de fouet sur son valet, et le pauvre diable disant à chaque coup: "Celui-là était apparemment encore écrit là-haut..." Vous voyez, lecteur, que je suis en beau chemin, et qu'il ne tiendrait qu'à moi de vous faire attendre un an, deux ans, trois ans, le récit des amours de Jacques, en le séparant de son maître et en leur faisant courir à chacun tous les hasards qu'il me plairait.

Qu'est-ce qui m'empêcherait de marier le maître et de le faire cocu ? d'embarquer Jacques pour les îles ? d'y conduire son maître ? de les ramener tous les deux en France sur le même vaisseau ? Qu'il est facile de faire des contes! Mais ils en seront quittes l'un et l'autre pour une mauvaise nuit, et vous pour ce délai.

 

     

 


 


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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 20:58

Bienvenue à mes élèves des classes de secondes E, H, premières C et D ainsi qu'aux étudiants de CPEPM.

 

Cet espace est conçu pour vous aider à mieux comprendre les finalités de l'enseignement du Français au lycée, à préparer sereinement les épreuves écrites et orales anticipées du baccalauréat, à développer votre culture générale et littéraire, etc. (la liste ne peut pas être exhaustive...).

 

Voici quelques exemples d'articles publiés en 2010-2011.


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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 14:26

Je remets en ligne ce vade mecum du candidat sérieux à l'épreuve orale du baccalauréat.

 

Plus moyen de reculer, faites face...

 

Quelques conseils, les derniers.

 

Avant.

 

Avez-vous bien tous vos textes, toutes vos oeuvres intégrales en double (arrangez-vous avec un camarade).

Avez-vous vérifié votre heure de passage, la salle ?

Couchez-vous tôt.

 

Pendant.


Un oral commence dès votre entrée dans la salle et s'arrête avec votre sortie de la salle, hors de la vue et de l'écoute de l'examinateur : n'envoyez pas de signes négatifs, ne vous "cassez" pas vous-même (restez patient et calme dans le couloir, ne dévisagez pas l'examinateur en pensant "il est moins beau que M. X ou Mme Y"). L'oral examine le contenu et la forme

N'hésitez pas à vous faire préciser la question posée.

Ne restez pas muet, procédez par approches "c'est sans doute ce point que vous voulez aborder ?"

Utilisez (au bon moment) tout ce que l'on a vu, tout ce que vous avez fait par vous-même : au fait, vous avez écrit sans faire de fautes les poèmes et fables sélectionnés ?

Soyez dynamique et convaincant (mais pas prétentieux, ne regardez pas votre examinateur en pensant "comment peut-on poser de telles questions....?").

Ne tapez pas sur votre professeur ("c'est de sa faute si je ne sais pas, le pauvre manquait de talent...").

Ne pleurez pas, ça ne marche pas (munissez-vous de mouchoirs en papier tout de même). 

Buvez, éliminez (au bon moment, repérez où se trouvent les toilettes...). Je sais, on dirait une pub Vittel.

Ne soyez pas trop décontracté non plus (pas de machouillages, de vocabulaire familier, d'attitudes désinvoltes...). Adoptez une tenue vestimentaire correcte (pas de messages sur vos vêtements, pas de tenue de surfeur, de joggeur, de rapeur, ou de tenues trop légères...)

Éteignez vos portables.

 

Après.

 

Reprenez une vie normale.

Continuez à lire : je mets en ligne une liste de lecture bientôt.

Bon courage, soyez bons !

Si vous avez le temps, j'aimerais connaître vos impressions, le texte sur lequel vous êtes tombé...


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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 20:59

Avant ma dernière livraison pour l'oral du bac voici le corrigé de l’écrit (que j’ai trouvé assez “facile” et intéressant).

Question de synthèse (corrigé du site http://www.letudiant.fr/examen/baccalaureat/bac-es/corriges-et-sujets-du-bac-es/corrige-du-bac-es-le-sujet-de-francais.html)

Ces trois textes offrent une vision différente du peuple. Victor Hugo, dans le texte A, choisit de mettre en lumière un personnage précis qui, de plus, du fait qu’il s’agit d’un enfant ne doit pas laisser le lecteur indifférent. Il fait apparaître sa vivacité et son enthousiasme par des énumérations et des métaphores (« tourbillonnement », « mouche ») et montre en utilisant le discours direct que son action incessante s’accompagne d’une réflexion et d’une vivacité d’esprit. A travers lui, il fait partager le point de vue et les émotions du peuple qui se bat pour sa liberté (il s’agit ici de renverser la monarchie de juillet). Il donne à voir également la foule dans sa diversité en évoquant l’attitude qu’a Gavroche avec des personnages de caractère (« flâneurs », « paresseux », « fatigués », « pensifs ») et de milieux sociaux différents (« étudiants », « ouvriers »). La volonté dont fait preuve Gavroche, qui se manifeste par ses actions et son mouvement incessant, crée une vision positive du peuple qui se bat pour une noble cause.

Dans le texte B, Flaubert propose une vision beaucoup plus critique du peuple qui est présenté comme une masse irréfléchie, incontrôlable et dangereuse. Cette vision est tout d’abord imposée par la description du peuple vue d’en haut (« Hussonnet et Frédéric se penchèrent sur la rampe » l. 1), et qui se voit réduit à n’être qu’un ensemble indifférencié (aucun personnage ne s’en détache comme chez Hugo). C’est pourquoi il est comparé à une « rivière » dans une métaphore. De plus, le point de vue des personnages, celui de Hussonnet en particulier, renforce cette impression que le peuple ne fait que céder à une impulsion destructrice, qu’elle ne défend pas d’idée mais se contente de saccager et d’avilir tout ce qu’il trouve de beau dans le palais des Tuileries. Il en parle avec dédain (« « Les héros ne sentent pas bon ! » » l. 12) et le critique de manière ironique (« « Voilà le peuple souverain ! » » l. 18). A travers le personnage du « prolétaire à barbe noire », le peuple est même ridiculisé et présenté comme n’étant fait que d’une association d’êtres égoïstes et vils (« « Pauvre vieux » » l. 23). La foule finit d’ailleurs par être réduite à la « canaille » (l.29).

Enfin, dans le texte C extrait de La Fortune des Rougon, Zola offre lui aussi une vision générale du peuple mais il le présente de manière positive, voir poétique. En effet, dans le portrait qui est fait de la foule, elle apparait comme un tout. Sa puissance est soulignée par le fait que sa force se communique à la nature toute entière qui semble adhérer à son combat.

Conclusion :
Ces trois textes évoquent le peuple de manière différente, tantôt comme une masse informe, sublime ou inquiétante, tantôt comme un ensemble d’êtres se battant côte à côte, unis par une noble cause. Si les trois auteurs ont choisi d’en faire un portait mélioratif ou péjoratif, ils en soulignent tous la puissance.

Dissertation
Introduction :
Présentation problématique + annonce de plan

I. Le roman comme reflet du monde
a) Une description minutieuse des événements
Le roman est un moyen pour l’auteur de décrire des événements, politiques par exemple, avec précision et de les faire revivre dans leur déroulement au lecteur.
Ex : Texte B : Flaubert donne à voir l’arrivée et la mise à sac du palais des Tuileries.
b) Un aperçu du quotidien
Les auteurs réalistes et naturalistes, en particulier, ont cherché à représenter la vie dans ses détails les plus triviaux. Leurs œuvres permettent au lecteur de partager le quotidien d’un personnage et de montrer son environnement.
Ex : Flaubert peint la vie de la petite bourgeoisie de province dans Madame Bovary, de même que Balzac dans Illusions perdues. Certains romans du siècle suivant décrivent également la vie quotidienne en banlieue parisienne, par exemple, comme dans Voyage au bout de la nuit de Céline ou Le Chiendent de Queneau.
c) Des romans pour donner à voir une société
De nombreux romans ont pour but de décrire et représenter une société, c’est le projet de Zola, par exemple, qui mène une véritable enquête et prend des notes pour restituer au mieux l’univers qu’il représente avec ses habitudes, son langage…
Ex : Germinal est une peinture de la vie à la mine, L’assommoir décrit la vie des ouvriers dans les quartiers populaires de Paris, Au Bonheur des dames, celle du personnel des grands magasins.

II. Une vision déformée du réel
a) Une vision sublimée ou critique
Cependant la vision proposée des événements historiques ou des sociétés décrites par les auteurs est souvent teintée d’un point de vue qui met à mal l’objectivité supposée des œuvres.
Ex : La description de la foule dans les textes du corpus est loin d’être neutre, elle impose au lecteur un point de vue sur la scène décrite.
b) L’absence de recul face aux événements
Le fait que les auteurs se posent en chroniqueur des événements de leur temps suppose qu’ils manquent de recul. Les descriptions de grands moments historiques sont donc naturellement le reflet d’une vision datée et partiale.
Ex : Texte A ou Les Confessions d’un enfant du siècle de Musset qui fait état de l’influence qu’a eu le second empire et sa chute sur sa génération.
c) La notion d’engagement
Les auteurs se servent de leurs œuvres pour véhiculer un message ou défendre des idées politiques ou esthétiques, ils ne sont donc pas nécessairement de bons « témoins » de leur époque.
Ex : Dans Claude Gueux, Victor Hugo modifie les éléments d’un fait divers pour mettre en cause la peine de mort et défendre l’idée qu’il est nécessaire d’éduquer le peuple.

III. La peinture d’un monde et d’une sensibilité
a) Des milieux bien connus des auteurs
Les auteurs choisissent cependant de peindre des milieux qu’ils connaissent bien et sur lesquels ils jettent un regard lucide dans une volonté de donner à voir l’envers du décor.
Ex : Milieu du journalisme dans Illusions perdues de Balzac ou Bel-Ami de Maupassant.
b) Une impossible neutralité
Il est illusoire de penser pouvoir restituer la réalité dans son entier, chaque description du réel en est une reconstruction. En cela, le travail opéré par l’auteur est déjà révélateur de l’esprit de son temps.
Ex : Maupassant dans la Préface de Pierre et Jean défend l’idée qu’une œuvre réaliste résulte nécessairement de choix : il est impossible de peindre le réel de manière exhaustive, ce qui serait sans intérêt aucun. Les choix qu’il opère sont donc déjà significatifs.
c) Le point de vue du personnage
Le roman, contrairement aux ouvrages historiques, est un moyen de relater des événements mais surtout de faire partager les émotions et la sensibilité des hommes à chaque époque. Les romans proposent donc aux lecteurs de connaître une période historique ou une société de manière différente.
Ex : Dans Madame Bovary les états d’âme et les illusions du personnage ont autant si ce n’est plus d’importance que la description de la vie d’une petite-bourgeoise en province. Dans Germinal, les souffrances des êtres et leurs espoirs sont indissociables des événements.

Commentaire
Introduction :
Présentation du texte, de la problématique et du plan.


I. Une foule sublime.


a) Une entrée en scène
Mise en avant de l’arrivée de la foule par valorisation positive : « élan superbe », « terriblement grandiose » et par contraste entre le calme qui précède l’apparition (« paix morte et glacée de l’horizon ») et le bruit assourdissant à son arrivée (« chants », « grande voix », «éclat assourdissant…»). Métaphore filée : route/ torrent, présente la foule comme puissante, impressionnante et qui ne peut être arrêtée.

b) Un flot humain que rien ne peut arrêter
Insistance sur l’impression que la foule est constituée d’hommes tellement nombreux qu’ils en deviennent innombrables et que l’ensemble qu’ils composent semble ne pas avoir de fin : figures d’amplification : hyperboles : « flots vivants qui semblaient ne pas devoir s’épuiser »/ « toujours (…) se montraient de nouvelles masses noires »/ « enflaient de plus en plus ».
Insistance sur l’indétermination : la foule devient un être en elle-même, toute particularisation est exclue : « flots vivants », « masses noires », « tempête humaine », « petite armée ».

c) Un concert humain
Bientôt, la foule ne s’identifie plus qu’à un chant, elle s’efface au profit de la Marseillaise qui la résume et la représente.
Hyperbole : « La Marseillaise emplit le ciel »/ « à tous les coins de la vallée »/ « rugissement populaire ».
Expression du haut degré à travers valorisation : « géantes », « monstrueuses », « notes ardentes ».
Comparaison : « comme soufflée par des bouches géantes dans de monstrueuses trompettes ».

II. Une nature complice.


a) Une nature personnifiée
La nature est présentée comme humaine alors même que les hommes se confondent en une seule « masse » : « la campagne endormie s’éveilla », « elle frissonna », « elle retentit jusqu’aux entrailles » (elle est donc composée de la même manière qu’un être vivant).
b) Quand l’homme et la nature ne forment plus qu’un
Le chant des hommes devient celui de la nature qui lui répond : « répétant par tous ses échos les notes ardentes du chant national ». La nature entière est alors personnifiée, des êtres se distinguent dans cet ensemble que compose la campagne alors que les hommes continuent à n’être qu’un ensemble indistinct : énumération : « des bouts de l’horizon, des rochers lointains (…) des moindres broussailles ». La confusion est telle que le lecteur ne sait plus si la nature répond aux hommes où si elle est couverte d’hommes qui chantent : « comme couverts par un peuple invisible et innombrable acclamant les insurgés »/ « il n’y a avait pas un trou de ténèbres où des hommes cachés ne parussent reprendre chaque refrain avec uns colère plus haute ».

c) L’apothéose finale
L’émotion qui anime les hommes qui composent la foule est transmise à la nature elle-même : « La campagne (…) criait vengeance et liberté » (personnification).
Le chant atteint une telle puissance qu’il finit par devenir lui-même un phénomène naturel : « le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores (…) secouant jusqu’aux pierres du chemin.

Conclusion :
Reprise du déroulement du commentaire + éventuel élargissement vers une problématique plus générale
 

Sujet d’invention (mon analyse du sujet).

Que sait-on de la “femme aux bandeaux” ? : elle est dans la chambre de la reine (cela donne lieu à une description organisée). Que fait-elle ? : elle lustre ses bandeaux avec de la pommade, elle est donc coquette. La pièce semble être dans une bulle de calme : elle lustre ses bandeaux, deux amateurs jouent aux cartes, un individu fume sa pipe accoudé sur un balcon. C’est un contraste absolu avec le “délire” de destruction qu’il y a dans les autres pièces. Il fallait jouer avec différentes oppositions : la liberté, la joie et l’énergie s’opposant aux scènes triviales, au saccage et à la brutalité. La femme est un témoin particulier d’un événement collectif et historique. Il fallait donc opposer le va et vient entre le particulier, le trivial et le collectif, le noble et le dépassement personnel. Quelle langue utilise-t-elle ? Elle est du peuple mais elle utilise une langue correcte... Le texte utlise la narration (comment elle s’est trouvée là, pourquoi elle a choisi la chamber de la reine), la description (pièce sauvegardée, luxe à l’entrée contre le reste des saccages et le “bruit et l’odeur” du peuple) et l’expression des sentiments et des émotions (elle est la “reine” le temps d’un instant, face à la glace, au faste de la pièce. Là aussi jouer avec le contraste entre la colère légitime de la foule, la destruction et la beauté apaisante du lieu.

 


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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 18:17

Je vous donne cette semaine votre descriptif ainsi que les derniers documents nécessaires (vous trouverez une série de photogrammes -images tirées des films étudiés cette année-).

 

Capture d’écran 2011-05-30 à 15.25.34


C'est ici.


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